Un point de vue sur Facebook et le blogging en 2018 (pour les pauvres)

Il y a 5 ans, Facebook ne tenait pas autant de place dans le trafic des blogs. Entre les geeks qui trouvaient FB beauf et les méfiants qui ne voulaient pas filer leurs infos persos, nous n’avions alors qu’un public très familial ou/et très amical. On peut constater que le public qui est arrivé sur cette plateforme en masse ces dernières années, n’a rien à voir avec les aficionados du web. Beaucoup de gens ont FB et ne vont que très rarement sur Google. La génération de mes parents par exemple, nés entre 1940 et 1960. Peu lisent (oui je sui fils d’ouvriers qui ne lisent pas sur le web, comme la majorité). Et le blogging à la base, c’est 90% de lecture.

Beaucoup de pros l’ont compris et ont taffé leur contenu viral en vidéos ou en photos. On ne peut pas leur jeter la pierre, ils ont répondu à ce que l’on leur demandait : Jouer sur les émotions et non sur l’intellect : rire, peine, peur, envie etc… Avec les réseaux sociaux, nous sommes dans le monde de la réaction avec peu de réflexion.

Il existe des niveaux de subtilité dans la compréhension réelle, j’insiste sur « réelle ».

Je vous donne un exemple concret :

Si je vous dis que je n’aime pas sortir en général (ce qui est vrai).

Qu’en concluez-vous sur ma personne ?

Quelle image avez-vous de moi ?

Est-elle caricaturale ?

Obligatoirement oui, surtout avec si peu d’infos pour vous faire une idée.

Le problème sur FB, est que ses utilisateurs (en majorité) se moquent des explications et n’ont pas le temps pour un préambule. Je dis de temps… Je parle aussi de capacité à comprendre. Plus la masse est importante, moins elle est subtile. Du coup, si le message ne vous ressemble pas, c’est mal barré.

Donc, le putaclic comme on le nomme, n’est qu’un moyen d’agir sur les émotions avec un message souvent détourné mais aussi en phase avec le public (sinon ça ne fonctionnerait pas).

Mais ne pas faire de putaclic, et bien taffer son fb, ne veut pas dire qu’on aura du succès…

Pire, les « j’aime » obtenus sur des articles de blog partagés sur fb, ne déclenchent pas nécessairement une visite ! J’ai pu voir des trucs assez incroyables. Notamment chez le public féminin, sur les extensions de cheveux en particulier. De la pub avait été faite sur FB (il y a 2 ans) pour booster les articles d’un blog. Sur environ 40 j’aime récoltés, 3 lectures de l’article. Les gens cliquaient sur j’aime mais n’allaient pas sur le site. Ces femmes affirmaient simplement par ce « j’aime », qu’elles portaient des extensions de cheveux. Une image simple avec une photo d’extension de cheveux et un petit « j’aime les extensions de cheveux » aurait eu beaucoup plus de succès… Le gars qui tenait cette page, ne comprenait pas pourquoi ça ne prenait pas…

Tout simplement parce que le marché de l’extension fonctionne en local, directement chez le coiffeur. Et qu’il aurait fallu un supplément d’âme pour attirer le public sur son site. On est typiquement dans le rapport au corps, à l’esthétique, il faut une présence rassurante et transparente. D’où le succès du blogging beauté avec des jolies filles pour animer tout ça. Si l’on est trop généraliste, sans subtilité, sans compréhension du public cible, on a des résultats en adéquation. Il n’a pas voulu parler de lui, pour ne pas faire fuir les femmes, c’est dommage car c’était la clef de sa différence…

Aujourd’hui, ça va mieux sur FB, notamment au travers des groupes. Les amateurs classiques du web ont compris l’importance de Facebook dans leur démarche de popularité et la qualité est nettement en hausse (en général). On trouve aussi des groupes très intéressants.

Mais quel est notre type de public, comment vraiment le cibler ?

Je ne parle pas de cibler une audience pour convertir une vente, je parle de cibler des personnes qui vous suivront, que vous fidéliserez.

Pour moi, c’est la récurrence. De tout ce que j’ai pu constater ou tester, seule la récurrence permet de convertir. Une présence forte avec les clefs de compréhension pour intéresser son public sont indispensables pour réussir dans le blogging. Mais le message doit être asséné, répété tout en étant efficient, en jouant sur les émotions.

Jouer sur les émotions, il y a quand même quelque chose de putain de malsain là dedans.

C’est pour ça que la sincérité paye toujours (non, je ne fais pas mon Walt Disney), le message est toujours plus audible, même si il peut rester mal interprété, il suscite plus de réactions.

J’assène le mot « sincérité » à tout va dans mes articles. Cette sincérité, ne veut pas dire faire l’étalage de sa vie privée. On parle de content marketing, de growth hacking… Ouais ok, mais commençons par la base.

Je vous file un exemple:

Imaginons, vous avez un blog et vous décidez de faire un tuto. Ce tuto, vous le dites, vous l’avez récupéré dans un bouquin. Vous écrivez votre tuto et en chute, vous êtes sincère, vous dites que le résultat n’est pas super.

Titre du tuto : Mon tuto pour fabriquer une niche pour chien

Vous aurez deux types de réactions :

  1. Le commentaire rageux style : merci de m’avoir fait perdre mon temps.
  2. Le commentaire compréhensif style : Dommage, ça sera mieux la prochaine fois.

Maintenant, changeons de titre et mettons :

Titre du tuto : Mon tuto pour fabriquer une niche pour chien ratée

Vous aurez à peu de choses près, les mêmes réponses, sauf que vous ne mentirez pas sur la marchandise et toucherez un public qui comprend le second degré.

Mon exemple est caricatural, je l’accorde… Mais là j’avais pas d’autre idée.

Conclusion rapide:

Je ne crois pas aux recettes miracles. Où alors, il faut de l’argent, je sais, ça ne fait pas winner, mais c’est la réalité.

J’ai très peur pour les nouveaux petits entrepreneurs en 2018 à ce niveau. C’est aujourd’hui devenu très compliqué de percer sur le web sans budget, même sur FB. Il faut obligatoirement un budget publicité, vous ne pourrez pas faire sans.

Il existe des exceptions dans des domaines très spécifiques mais il faut tout de même du temps pour que le message soit audible.

Il faut être préparé à une longue période de disette, avoir de l’imagination et être très très très subtil.  Ou être soi-même, c’est plus simple, mais il faudra quand même bosser.

Tout comme mon article sur « comment devenir un rédacteur intarissable« , il faut (j’aime pas écrire « il faut », mais vous m’avez compris) parler de ce que l’on connait ou aime, et le juxtaposer à son message. Toujours appliquer parallèlement à ses articles, un référent que l’on maitrise, même si il n’a rien à voir.

Un exemple concret avec cet article.

C’est quoi comme article :

  1. Un article constat ?
  2. Un truc de coaching de blogueur (vu que j’ai bossé 3 ans pour un blog avec une ligne éditorial basée sur le story telling : jtgeek.com) ?

Soyez subtils dans vos réponses ou filez sur FB.

 

2 commentaires dans “Un point de vue sur Facebook et le blogging en 2018 (pour les pauvres)”

  1. Salut l’ami,
    J’adore la phrase « Plus la masse est importante, moins elle est subtile. » ! Tu me connais, j’aurais pris bien moins de gants et l’aurais formulée tout autrement, mais là franchement, je te félicite pour cette tournure 😉

    +++

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